Journée internationale de l’alphabétisation Le Burundi n’a plus de département en charge de l’alphabétisation

Dicky DICKY
By septembre 12, 2022 11:17

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Le Burundi n’a plus de département en charge de l’alphabétisation

Le 8 septembre de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de l’alphabétisation des adultes. Cette journée arrive deux ans après la décision du gouvernement burundais de supprimer le département de l’alphabétisation pour privilégier l’enseignement fondamental. Pourtant, beaucoup de choses restent à faire dans ce domaine d’alphabétisation. D’après les statistiques de l’Institut des Statistiques et d’Etudes Economiques au Burundi (ISTEEBU), le taux moyen d’alphabétisme des adultes de 15 à 64 ans était de 62% en 2016. Les psychopédagogues et les experts en alphabétisation estiment qu’au lieu de supprimer le service qui s’occupe de ce domaine, le gouvernement devrait plutôt le valoriser pour que tous les citoyens puissent avoir accès à la formation, à l’information et au savoir suffisants leur permettant de s’auto-développer.
Le département de l’alphabétisation ne fait plus partie de l’organigramme du ministère en charge de l’éducation depuis 2020. Le secteur est laissé aux associations et organisations locales. Un psychopédagogue trouve inopportun la suppression du département de l’alphabétisation des adultes dans le nouvel organigramme du ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique.
Selon lui, le Burundi doit s’inscrire dans le cadre d’une vision planétaire de toutes les nations du monde pour pouvoir éradiquer l’analphabétisme d’ici 2030, raison pour laquelle le service qui s’occupe de l’alphabétisation devrait être renforcé au lieu d’être supprimé. Il renchérit en rappelant que le 22 avril 2011, le chef d’Etat burundais, Feu Président Pierre Nkurunziza, a lancé la campagne nationale d’éradication de l’analphabétisme au Burundi. Cette campagne avait comme objectif qu’en 2030, date butoir de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD), dont l’espoir était que « tous les Burundais soient alphabétisés pour bien assimiler les notions de développement socio-économique ».
Un conseiller en matière d’alphabétisation regrette que « tous les plans quinquennaux et toutes les politiques sectorielles en rapport avec l’alphabétisation mise en place par les pouvoirs publics qui se sont succédés depuis 1962, n’aient pas abouti à des résultats escomptés, l’alphabétisation de toutes les couches de la population ».
Histoire du service national d’alphabétisation

En 1977 le Gouvernement a créé un Département de l’Education Parascolaire au sein du Ministère de l’Education Nationale, qui avait comme mission principale l’application de la politique du Gouvernement en matière d’Education non Formelle et de l’Alphabétisation.
En 1978, c’est l’élaboration d’un plan d’éradication de l’analphabétisme. En 1983, le Département de la Promotion Sociale du Ministère des Affaires Sociales, s’est vu confier l’éducation des masses en vue d’améliorer les conditions de vie de la population et de promouvoir les activités génératrices de revenus.
Le psychologue de formation ajoute que la lutte contre l’analphabétisme en tant qu’objectif exprimé de manière explicite, dans les textes de Politiques du Gouvernement date de février 1991 avec la création du Ministère de l’Artisanat, de l’Enseignement des Métiers et de la Jeunesse dont l’une des missions principales était l’élimination progressive de l’analphabétisme. En 1991, intervient la création du Service National d’Alphabétisation (SNA) pour assurer la coordination nationale des actions d’alphabétisation. Le Plan Sectoriel de Développement de l’Education et de la Formation, dernier texte officiel s’est donné comme l’objectif à long terme (2015-2016) d’alphabétiser cent mille adultes par an afin de réduire très sensiblement l’analphabétisme.
Pour y arriver, il fallait organiser un enseignement primaire accéléré des déscolarisés de l’enseignement primaire. Il fallait aussi mettre en place des nouvelles structures d’alphabétisation des adultes par l’augmentation progressive du nombre d’heures que chaque apprenant devra suivre.
De réalisations mitigées

Bien que le taux d’alphabétisation ait augmenté de 22,5% en 1979 à 77% en 2015 pour les écoles de base et de 59,3% en 2000 à 67,2% en 2010 pour l’alphabétisation des adultes, le chemin à parcourir est encore long. Ces résultats mitigés s’expliqueraient par le fait que les moyens accordés au Service de l’Alphabétisation sont extrêmement limités. En effet, le secteur connaît une insuffisance remarquable de ressources humaines et financières. Quantitativement insuffisant, le personnel au service de l’alphabétisation n’a pas souvent le profil requis pour s’acquitter convenablement des responsabilités qui lui sont demandées. Au niveau financier, l’enveloppe budgétaire allouée à la rubrique alphabétisation par rapport au budget du secteur de l’Education (enseignement fondamental et post-fondamental) oscille autour de 0,07% et ne peut couvrir que les salaires du personnel. Aussi, malgré les nombreux intervenants en matière d’alphabétisation des adultes, l’absence d’une coordination ne permet pas d’exploiter correctement les compétences. Il faut aussi noter une faible participation de la population cible et également un manque d’activités de post-alphabétisation. RR■

Dicky DICKY
By septembre 12, 2022 11:17

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