Burundi-Education L’enseignement du français : du transmissif à l’autonomisation de l’apprenant

Dicky DICKY
By mai 23, 2022 10:38

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L’enseignement du français : du transmissif à l’autonomisation de l’apprenant

En vue des préparatifs des états généraux de l’éducation, prévue du 14 au 16 juin 2022, le Journal la Voix de l’Enseignant a approché un conseiller-concepteur et deux enseignants du cours de français au post fondamental qui ont accepté de parler du programme de la plus-value et des lacunes relevées. La plus-value de ces nouveaux programmes est l’autonomisation de l’apprenant L’enseignant n’est plus le seul détenteur du savoir, mais il est le guide Parmi les lacunes, le programme du cours de français de la section Langues est trop vaste tandis que celui de la section pédagogique est trop faible. Tout le monde plaide pour l’évaluation de la réforme.
« Le changement intervenu concerne la posture de l’enseignant. L’enseignant n’est plus le seul détenteur du savoir, mais il est le guide. On vise l’autonomisation de l’apprenant ». Ces propos sont d’un conseiller-concepteur des programmes de l’enseignement post-fondamental. L’ancien système exploitée la planification par objectif alors qu’avec les nouveaux programmes de l’enseignement général, on se rabat sur la pédagogie d’intégration. Celle-ci, introduite avec la réforme du fondamental, la pédagogie d’intégration en français n’a pas coupé les ponts avec les programmes de l’ancien système. D’ailleurs, dans la note aux lecteurs et aux auteurs d’ouvrages du guide de l’enseignant, il est mentionné que « les illustrations, les schémas, les extraits de texte aux autres supports nécessaires ont été tirés des ouvrages disponibles dans la plupart des établissements scolaires dont le Burundi disposait d’un droit d’usage pour les avoir soit achetés soit acquis par donation légale. » Pour les nouveaux programmes, l’enseignant n’est plus le détenteur du savoir, mais l’accompagnateur de l’apprenant. Adrien, enseignant de français depuis une trentaine d’années « se réjouit de cette autonomisation de l’apprenant. Des exercices sont nombreux et variés et sont enrichis par l’échange d’expérience par le travail de groupe ». Le programme est conçu à tel enseigne que la leçon comprenne trois composantes à savoir la ressource visée ou leçon proprement dite, les activités d’enseignement-apprentissage et l’indication des supports à utiliser. « Les programmes d’aujourd’hui ne comprennent pas l’histoire littéraire comme on l’enseignait autrefois », conclut notre interlocuteur. Ce que regrette Eric, enseignant de français à Kirundo. Pour lui, « on ne peut pas enseigner une science sans remonter son origine ».
Les lacunes soulevées

Le concepteur des programmes situe les lacunes à trois niveaux à savoir chez les enseignants et le chez les apprenants et du côté des autorités scolaires déconcentrées. Du côté enseignant, il constate qu’il « n’y a pas d’appropriation de la démarche méthodologique à suivre. » En effet, les enseignants ont tendance à l’appliquer mécaniquement. Ainsi, « les enseignants peuvent demander aux apprenants de se mettre en groupe sans toutefois leur dire ce qu’ils vont y faire. Le travail en groupe est précédé par le travail individuel », indique-t-il. Pour ce conseiller, les enseignants n’exécutent pas correctement leurs tâches. Ils simulent l’application de la méthodologie d’intégration en présence des conseillers pédagogiques. Adrien, enseignant à Bururi, qualifie ces conseillers pédagogiques de policier.
Du côté élève, le conseiller pédagogique indique que « suite à la pauvreté de leurs connaissances linguistique et lexicale, il y a refus de communication. Pas d’interaction, l’enseignant se retrouve devant des apprenants qui ne communiquent pas. » Il réalise que les leçons de pratiques de la langue ne sont pas enseignées, les enseignants ont tendance à sauter ces leçons. Pour Adrien, l’orientation des élèves ne se fait pas compte des compétences des élèves. Par manque de substance de la section langues, presque tous les élèves veulent s’orienter dans la section sciences. Une autre lacune constatée concerne les heures réparties au cours de français et d’anglais. Dix heures par semaine fatiguent et les enseignants et les élèves. Il trouve également que « les textes supports utilisés sont indigestes. Des fois, ce sont des textes parachutés de l’internet sans vocabulaire préalablement expliqués ». Aussi, poursuit Adrien « le programme est très vaste et hypothèque son achèvement ». Le programme du cours de français de la section pédagogique, surtout en 1ère année est jugé lacunaire par l’enseignant de Kirundo.
Les autorités scolaires au niveau déconcentré sont accusées de ne pas s’impliquer parfaitement dans la vulgarisation de la réforme et des programmes qui en sont issus. Or, poursuit, le concepteur, ce sont elles qui ont bénéficié de toutes les formations pour réussir l’encadrement de proximité.
Tout le monde plaide pour l’évaluation de la réforme et partant du programme. Réné R■

Dicky DICKY
By mai 23, 2022 10:38

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